Accord UE-Mercosur : La Roumanie parie sur l’industrie pour conquérir l’Amérique latine

Alors que le débat sur l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur cristallise les tensions dans le secteur agricole, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Roumanie (CCIR) vient d’envoyer un signal fort : un soutien unanime en faveur du traité.
Pour les entreprises françaises opérant en Europe de l’Est, cette position n’est pas anodine. Elle révèle une stratégie pragmatique : transformer la Roumanie en un hub industriel exportateur, capable de servir de base arrière pour attaquer les marchés sud-américains.
Au-delà de l’agriculture : une suppression de 90 % des taxes douanières
Si les discussions en France se focalisent sur les enjeux agricoles, la réalité roumaine est tout autre. L’accord UE-Mercosur prévoit l’élimination progressive de plus de 90 % des droits de douane sur les échanges entre les deux blocs.
Pour les partenaires d’Eastrategies, cette ouverture représente une opportunité sans précédent dans trois secteurs clés :
- Automobile et composants : Accès facilité au marché brésilien et argentin pour les pièces de rechange et les véhicules.
- Chimie et pharmacie : Un levier de croissance pour un secteur roumain en pleine modernisation.
- Équipements industriels : Une demande forte en Amérique du Sud pour les machines-outils produites en Europe de l’Est.
La Roumanie, l’atelier stratégique de l’Europe de l’Ouest
Le président de la CCIR, Mihai Daraban, rappelle une donnée fondamentale : l’industrie génère encore 30 % du PIB roumain. La Roumanie n’est pas seulement un marché de consommation ; c’est une économie de sous-traitants de haut niveau, organiquement liée aux puissances industrielles d’Europe de l’Ouest.
L’effet de levier franco-allemand
La corrélation est frappante : lorsque l’économie allemande croît de 1 %, la Roumanie progresse de 4 %. Cette dynamique s’applique également aux groupes français (automobile, aéronautique, électroménager) qui produisent en Roumanie.
- 200 000 emplois directs dans le secteur auto roumain.
- Un réseau de sous-traitance ultra-dense pour les “white goods” (électroménager) et l’énergie.
En soutenant le Mercosur, la Roumanie protège avant tout ses usines, ses emplois et ses capacités d’exportation vers de nouveaux horizons, compensant ainsi une éventuelle stagnation des marchés européens traditionnels.
Pragmatique et performance : La nouvelle doctrine roumaine
Le message de la CCIR est clair : il faut sortir des “discussions stériles” pour se concentrer sur la performance. Bien que l’agriculture représente 4,5 % du PIB roumain (contre 1 à 1,5 % dans le reste de l’UE), les leaders économiques roumains refusent de sacrifier l’industrie sur l’autel du protectionnisme agricole.
Quelles implications pour votre stratégie en 2026 ?
- Diversification des débouchés : Vos filiales ou partenaires en Roumanie pourraient devenir vos plateformes d’exportation vers le Brésil ou l’Uruguay.
- Optimisation des coûts : La suppression des tarifs douaniers sur les composants importés/exportés renforcera la compétitivité de vos sites de production roumains.
- Investissement industriel : Le statut de “hub régional” de la Roumanie est renforcé, rendant les investissements de long terme encore plus attractifs.
Le soutien de la Roumanie à l’accord UE-Mercosur confirme sa volonté de rester un moteur industriel européen. Chez Eastrategies, nous aidons les entreprises françaises à naviguer dans ce contexte géopolitique et économique complexe.
« La Roumanie ne se voit plus comme une périphérie, mais comme un pont entre l’industrie européenne de pointe et les marchés mondiaux émergents. » — L’équipe Eastrategies.
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