Mercosur : La Roumanie dit “Oui” au commerce, mais “Non” au dumping agricole

Alors que l’industrie roumaine appelle de ses vœux la signature de l’accord UE-Mercosur (voir notre analyse précédente), le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural adopte une posture beaucoup plus défensive.
Lors du Romanian Sustainability Forum, la secrétaire d’État Violeta Mușat a clarifié la position de Bucarest : la Roumanie soutient l’ouverture des marchés sur le principe, mais exige des mécanismes de protection immédiats pour ses filières sensibles, notamment l’élevage. Pour les investisseurs étrangers opérant dans l’agrobusiness en Roumanie, ce “frein d’urgence” est une garantie de stabilité essentielle.
La ligne rouge : “Pas de double standard”
Le cœur de la doctrine roumaine est le refus d’une concurrence déloyale. Les agriculteurs roumains, soumis aux normes draconiennes de l’UE (bien-être animal, réduction des pesticides, traçabilité), ne peuvent être mis en concurrence frontale avec des produits sud-américains ne respectant pas ces critères.
Bucarest pointe spécifiquement les risques sur :
- La viande (bœuf et volaille)
- Le sucre et l’éthanol
La Roumanie a d’ailleurs soutenu la saisine de la Cour de Justice de l’UE pour vérifier la compatibilité de l’accord avec les traités européens, un signal politique fort.
Exigence de mécanismes “Anti-Dumping” rapides
Le point critique soulevé par le ministère est la lenteur administrative des clauses de sauvegarde actuelles.
« Pour appliquer la clause de sauvegarde, il est possible que le marché soit déjà gravement affecté […] nous pouvons arriver au dumping. » — Violeta Mușat.
La Roumanie demande donc des mécanismes d’intervention quasi-immédiats pour bloquer les importations dès les premiers signes de déséquilibre du marché.
L’analyse Eastrategies : Une opportunité pour la qualité et la transformation
Chez Eastrategies, nous ne voyons pas cette prudence comme un repli, mais comme une stratégie de montée en gamme. En protégeant son marché intérieur du “low cost” importé, la Roumanie force son agriculture à se moderniser et à viser la qualité.
« La position roumaine est équilibrée : elle ne ferme pas la porte, mais elle place la barre très haut sur les standards sanitaires. Cela crée un appel d’air pour les technologies et le savoir-faire agricole français. »
Nos 3 conseils stratégiques pour 2026 :
- Misez sur la “Transformation Locale” : La Roumanie investit massivement dans la transformation sur place (pour ne plus exporter de céréales brutes et importer de la viande). C’est le moment idéal pour implanter des unités de production agroalimentaire (filières courtes).
- Investissez dans la Traçabilité (AgriTech) : Pour justifier le blocage des produits Mercosur, la Roumanie devra prouver la supériorité qualitative de ses produits. Les solutions de traçabilité et de certification qualité sont très demandées.
- Positionnez-vous sur les segments “Sensibles” : L’État s’engageant à protéger les filières bovines et avicoles, investir dans des fermes modernes en Roumanie devient un placement sécurisé par la puissance publique contre la volatilité mondiale.
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