La Roumanie vise le statut de hub énergétique régional en Europe de l’Est

La Roumanie affiche clairement ses ambitions de devenir un acteur énergétique central en Europe centrale et orientale, combinant projets nucléaires stratégiques, ressources gazières nationales, et développement de partenariats technologiques de pointe. Lors de la conférence PRIA Renewable Energy, le secrétaire d’État au ministère de l’Énergie, Cristian Bușoi, a détaillé les fondements de cette stratégie ambitieuse.
Une vision fondée sur la diversité énergétique et la souveraineté
« La Roumanie a l’ambition de devenir un hub régional de l’énergie », a déclaré Cristian Bușoi.
Grâce à plusieurs projets structurants, le pays dispose de leviers concrets pour atteindre cet objectif :
- Prolongement du parc nucléaire de Cernavodă, avec les unités 3 et 4,
- Mini-réacteurs modulaires SMR à Doicești, en partenariat avec les États-Unis (NuScale),
- Projet gazier offshore Neptun Deep, considéré comme stratégique à l’échelle régionale,
- Nouvelles centrales au gaz, dont Mintia (démarrage prévu début 2026) et Iernut, en cours de développement par Romgaz.
Cette combinaison permettrait à la Roumanie de garantir sa sécurité énergétique, tout en s’inscrivant dans les objectifs climatiques européens, notamment en réduisant la part du charbon dans le mix énergétique.
Le gaz naturel : un atout majeur pour la transition
Depuis le retrait du Royaume-Uni de l’UE et le recul de la production néerlandaise, la Roumanie est devenue le premier producteur de gaz naturel de l’Union européenne. Le projet Neptun Deep, mené en partenariat avec OMV Petrom et Romgaz, permettra au pays de doubler sa production, devenant ainsi exportateur net de gaz naturel dans la région.
Cet atout géostratégique offre à la Roumanie une position de pivot dans la stabilité énergétique régionale, et ouvre des perspectives importantes pour les industriels, notamment ceux dépendants d’un approvisionnement énergétique fiable et compétitif.
Des défis liés à la sortie du charbon et aux contraintes européennes
Dans le cadre du PNRR (Plan National de Relance et de Résilience), la Roumanie s’est engagée à fermer ses centrales à charbon d’ici fin 2025. Toutefois, le gouvernement insiste sur la nécessité d’un calendrier réaliste, soulignant les retards d’accès aux fonds européens et les difficultés d’approvisionnement en équipements stratégiques comme les turbines à gaz.
La Roumanie, comme d’autres pays (Allemagne, Pologne), demande donc une approche flexible de Bruxelles, pour éviter un choc sur les prix de l’électricité et préserver la sécurité d’approvisionnement à court terme.
Ce que cela signifie pour les entreprises françaises
Dans ce contexte, la Roumanie devient un marché énergétique stratégique pour :
- les acteurs de l’énergie souhaitant participer à des projets nucléaires, gaziers ou renouvelables,
- les entreprises industrielles à la recherche d’un territoire stable et autosuffisant en énergie,
- les investisseurs français intéressés par des rendements solides sur des projets certifiés (infrastructures, réseaux, production).
Le développement d’un mix énergétique diversifié et le soutien aux technologies innovantes (SMR, captage CO₂, transition verte) offrent un cadre stimulant pour les collaborations franco-roumaines dans l’énergie.
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