Faire des affaires en Grèce en 2026 : les repères utiles pour les entreprises françaises
La Grèce est de nouveau un marché à regarder avec méthode pour les entreprises françaises. Elle appartient à la zone euro, compte 10,4 millions d’habitants et a généré un PIB de 248 milliards d’euros en 2025. Son économie reste largement tertiaire, mais son rôle maritime, touristique et logistique fait émerger des besoins concrets dans les infrastructures, les services, l’énergie, l’industrie et les chaînes d’approvisionnement.
Une trajectoire économique à lire avec nuance
Les indicateurs 2026 sont encourageants, sans autoriser les raccourcis. La Direction générale du Trésor indique une prévision de croissance de 2,4 % pour 2026, tout en relevant que l’inflation et les coûts de production demeurent des sujets de vigilance. La Commission européenne, dans sa prévision de printemps publiée en mai 2026, anticipe pour sa part une croissance de 1,8 % et une inflation de 3,7 %. Ces écarts de prévision ne se contredisent pas : ils rappellent qu’une décision d’implantation ou de développement commercial doit être fondée sur un budget actualisé, et non sur un seul chiffre de conjoncture.
Pourquoi le marché peut intéresser une PME ou une ETI
Trois facteurs rendent la Grèce particulièrement lisible. D’abord, les services représentent près de 78 % du PIB. Ensuite, le tourisme et le cluster maritime restent structurants : la DG Trésor rappelle que les activités liées à la flotte, à l’affrètement, au courtage, à l’assurance et aux services spécialisés constituent un écosystème conséquent. Enfin, les investissements restent soutenus par les financements européens : à fin 2025, 23 milliards d’euros avaient été décaissés sur une enveloppe de 36 milliards allouée à la Grèce au titre du plan de relance et de résilience.
Pour une entreprise française, il ne s’agit pas de chercher un marché « facile », mais de reconnaître des points d’entrée sectoriels. Les infrastructures, les transports, l’énergie, le tourisme, l’agroalimentaire, la distribution, la pharmacie et les services financiers figurent déjà parmi les secteurs de présence des filiales françaises. La DG Trésor recense environ 150 filiales françaises employant 23 000 personnes en Grèce, signe que la relation économique existe déjà et peut faciliter une première lecture du terrain.
Fiscalité et structure : vérifier avant de signer
Le taux normal d’impôt sur les sociétés applicable aux personnes morales est généralement présenté à 22 %. Ce taux n’épuise toutefois pas la question fiscale. Une entreprise doit faire vérifier la forme juridique, les règles de TVA, le traitement des dividendes, l’établissement stable, les conventions applicables et les éventuelles obligations sectorielles avant toute contractualisation. Les règles fiscales et les dispositifs d’incitation évoluent ; la validation par un conseil local compétent reste indispensable.
La méthode d’entrée recommandée
La première étape consiste à qualifier précisément le besoin : vente directe, réseau de distributeurs, partenariat industriel, création de filiale ou réponse à un appel d’offres. La deuxième est de cartographier les décideurs, prescripteurs, concurrents et contraintes réglementaires dans le secteur ciblé. La troisième est de tester le partenariat dans la durée : capacité commerciale, solvabilité, références, couverture géographique et conditions de suivi. Enfin, le contrat doit traduire le modèle opérationnel réel — exclusivité, objectifs, reporting, service après-vente, conformité et résolution des différends.
La Grèce offre une porte d’entrée vers la Méditerranée et l’Europe du Sud-Est, mais la réussite ne repose pas sur une promesse macroéconomique. Elle dépend de la qualité du partenaire, du rythme de décision et de la présence effective sur le terrain.